• Argumentaire du Collectif


    Pour davantage de précisions voir "Documentation" dans le menu de gauche

     

    Le contexte dans lequel arrive et s'inscrit le compteur communicant - l'avenir qu'il prépare

    Enedis (ex ERDF) présente ce compteur comme le premier maillon ("la première brique") d'un système performant pour une gestion optimale de la production et de la distribution d'électricité (équilibre production-consommation, délestage en cas de manque d'énergie). Cette optimisation passe par le remplacement de l'homme par l'ordinateur et elle nécessite le collectage d'un grand nombre d'informations sur le comportement personnel des consommateurs. Cette recherche de rationalisation nous prive toujours plus de notre pouvoir de décision sur tout ce qui touche à notre quotidien. Ainsi, notre vie serait de plus en plus tributaire de calculs effectués par des logiciels supprimant ainsi toute relation humaine directe.

     

    Fonctionnement du système communicant Linky

    Le compteur Linky transmet par courant porteur en ligne (CPL, signaux hautes fréquences) les informations recueillies dans le foyer jusqu'à un concentrateur (un par quartier) qui, à son tour, envoie les données recueillies (par ondes hautes fréquences -HF) jusqu'au centre de supervision d’Enedis où elles sont collectées et traitées.

    L'installation des concentrateurs, qui sont munis d'émetteurs HF, peut nécessiter une autorisation communale.
    Le fonctionnement de ce système de communication pourrait nécessiter l'installation de 700 000 concentrateurs au niveau de l'Hexagone (= un émetteur radio-fréquence sur chaque transformateur basse-tension de quartier à moins que le CPL de troisième génération soit déployé, celui-ci permettant de limiter le nombre de concentrateur puisque son signal est capable de passer au travers des transformateurs). C'est le concentrateur qui émet le CPL et l'envoie dans tout le circuit basse tension du quartier, nul besoin d'être équipé d'un Linky pour que signal pollue les installations électriques domestiques.

    Notons qu’il est déjà prévu d’étendre ce principe communicant aux compteurs de gaz, ainsi qu'aux compteurs d’eau (dans ces cas là, les compteurs sont directement des émetteurs radio-fréquence “écoutés“ par un récepteur-réémetteur situé sur un point haut type clocher d'église).

     

    Les nuisances électromagnétiques

    Le fonctionnement de ce compteur nécessite l'utilisation de signaux hautes fréquences aussi bien à l'intérieur du domicile (courant porteur en ligne - CPL) qu'à l'extérieur (émetteurs des concentrateurs qui envoient les données pour traitement centralisé). Tout ce procédé épaissit le brouillard électromagnétique déjà conséquent généré par la téléphonie et les autres systèmes sans fil toujours plus nombreux.

     

    Contrôle à distance de la consommation

    La société Enedis présente cet appareil comme permettant une meilleure maîtrise de notre consommation d'électricité. Bien au contraire, ce dispositif permet sa manipulation à distance en autorisant notamment des coupures sans préavis sur certains appareils en fonction des besoins des fournisseurs (Enedis nomme ces délestages « effacement de consommation »). On peut facilement imaginer que ce système permettrait aussi de distribuer l'énergie en priorité vers les zones où l'énergie se vendra au meilleur prix au détriment des autres.

    De la même façon, avec le compteur Linky, les coupures de fournitures en cas de difficulté de paiement seraient plus froidement exécutées et pourraient même finir par être totalement automatiques…

     

    Le traitement des données collectées par ce compteur

    Nous contribuons d'ores et déjà, notamment via Internet, et malgré nous, à l'accumulation d'informations sur nos comportements et nos habitudes, fournissant ainsi un marché des données à des fins commerciales très lucratives.

    Via les appareils connectés comme le compteur Linky, nos habitudes sont observées et analysées afin de nous proposer les produits les "mieux adaptés". Elles peuvent donc aussi être utilisées pour contrôler et codifier nos comportements, créer de nouveaux besoins.

     

    Augmentation des prix

    Contrairement aux actuels compteurs, le Linky ne supporte pas les pics de puissance. En cas de dépassements, mêmes brefs, les usagers seront appelés à acheter un abonnement plus puissant, donc plus cher. Mais Enedis préfère bien-sûr davantage insister sur les cas où l'abonnement serait trop fort et où un abonnement moins onéreux serait proposé au client.

    En fonction des "choix" des abonnés (sont-ils prêts à accepter des coupures —effacements— inopinées ? Ont-ils les moyens financiers de les éviter ?…) des tarifs variables (en fonction des moyens financiers) seront proposés en fonction d'options « choisies » par les clients (comme dans la téléphonie mobile, la SNCF…) créant un véritable maquis des prix, illisible, et dans lequel tout le monde serait perdant à terme.

     

    Gaspillage

    Il y 35 millions de compteurs électriques dans l'hexagone. Ceux qui sont en place fonctionnent très bien et finiraient à la poubelle en cas d'installation des Linky. Ce programme de remplacement coûterait officiellement entre 5 et 7 milliards d'euros.

    Contrairement aux anciens compteurs électro-mécaniques (très rustiques et au fonctionnement simple), le Linky consomme de l'électricité pour son fonctionnement. De plus, sa durée de vie s'annonce beaucoup plus courte (il est en fait un petit ordinateur et on connaît l’espérance de vie de ces appareils).

     

    Propriété des compteurs

    Les communes sont propriétaires des compteurs électriques (Code de l'énergie, Article L322-4 créé par Ordonnance n°2011-504 du 9 mai 2011 - art. V) et en délèguent la concession au syndicat d'énergie départemental (SDEPA dans les Pyrénées Atlantiques). Elles peuvent donc décider de refuser leur remplacement. La délégation concédée au SDEPA ne transfère pas la propriété, seul un acte notarié pourrait le faire.

    Le SDEPA n'a donc qu'une délégation de pouvoir. Il a pourtant adressé un courrier aux communes en tentant de les dissuader de prendre des délibérations contre le Linky en expliquant qu'ayant transféré leur compétence au SDEPA elles n'apparaîtraient plus compétentes pour agir en la matière. Le SDEPA ne devrait-il pas se contenter d'être l'expression de l'ensemble des communes et rester à leur service et non pas leur lancer des injonctions, voire les menacer ?  Le SDEPA a pour mission de représenter les intérêts des usagers dans leurs relations avec les exploitants (arrêté préfectoral du 17 décembre 2009 portant sur les statuts du SDEPA).

    Les préfets aussi ont consigne de faire pression sur les élus locaux en les menaçant d'annuler leurs délibérations qui seraient d'après eux illégales. Les communes voient ainsi leurs prérogatives gravement amputées.

     

    Droits et devoir d'opposition

    Responsabilités et pouvoirs des communes

    Elles sont propriétaires des compteurs. Elles peuvent donc se faire entendre.

    Les compagnies d'assurances refusent de garantir les risques sanitaires liés aux champs électromagnétiques (les seuls autres cas d'exceptions connus concernent les risque liés au nucléaire et à l'amiante).

     

    À l'heure actuelle quelque 400 communes de l'Hexagone ont pris position contre l'installation des compteurs Linky. Certains États ont pris la décision de ne pas imposer les "smartmeters" (l'Autriche en 2013 et un an plus tard l'Allemagne ainsi que le Canada).


    Une directive européenne est souvent présentée comme le texte qui rendrait obligatoire l'implantation de compteurs communicants. En fait, la impose seulement "la participation active des consommateurs au marché de la fourniture d'électricité" et les États membres sont libres de fixer les moyens de cette participation active. Or les anciens compteurs répondent déjà à cet objectif. 

     


    Tags Tags : , , , , , ,